11 Février 2011

Mission réussie pour les 19 ballons de Concordiasi

Entre septembre et octobre 2010, 19 ballons stratosphériques conçus par le CNES ont été lâchés dans le tourbillon polaire en Antarctique. Les données récoltées lors de la campagne Concordiasi sont très prometteuses.

1 300 jours de vol au-dessus du pôle Sud

« La campagne de lâcher de ballons s’est très bien passée. L’équipe est restée très motivée et très soudée malgré des conditions climatiques difficiles, témoigne Philippe Cocquerez, chef de projet Concordiasi au CNES. La flottille de ballons a cumulé 1 300 jours de vol au-dessus de l’Antarctique et récolté un grand nombre de données. »

L’équipe franco-américaine (1) qui a mené la campagne Concordiasi a posé ses bagages sur la base polaire de McMurdo en août 2010.

La petite île volcanique de Ross, sur laquelle se trouve la base, est alors cernée par la banquise. C’est la fin de l’hiver, les températures frôlent les -40°C et les scientifiques se font rares.

« L’un des objectifs de la campagne était d’étudier les mécanismes de destruction de l’ozone dans la basse stratosphère, entre 18 et 20 km. Or, c’est précisément au début du printemps austral, lorsque le Soleil réapparaît, que l’ozone est détruit », explique Philippe Cocquerez.

« Il fallait donc absolument lâcher 4 ballons dédiés à l’étude de l’ozone début septembre, poursuit-il. Nous en avons lâché 2 autres dans les vents polaires tourbillonnants, début octobre, pour suivre la réapparition de l’ozone et la fermeture du trou de la couche d’ozone. »

600 profils atmosphériques réalisés

Les ballons, conçus par des ingénieurs du CNES, peuvent cette-fois-ci embarquer 50 kg d’équipement (2). Autre nouveauté : 13 des 19 ballons sont capables de sonder l’atmosphère (température, pression, humidité et vent) en larguant sur commande de petites radiosondes.

« Le satellite Metop réalise ce type de mesures avec l’instrument Iasi. Mais au niveau des pôles, l’interprétation des données est faussée par une atmosphère très froide et un sol très variable, tantôt neigeux, tantôt glacé…», souligne Philippe Cocquerez.

L’idée était donc de larguer les radiosondes lorsque Metop passait au-dessus des ballons afin de confronter les mesures satellite aux mesures in situ. Plus de 600 sondages de l’atmosphère ont ainsi été réalisés et devrait, à terme, permettre d’affiner les modèles météos.

« Le jour où Iasi sera parfaitement opérationnel sur les régions polaires, ce sera un gros plus pour la météorologie », constate Philippe Cocquerez.

Avant de conclure : « Nous avons pu réaliser l’ensemble des vols dans le calendrier prévu et le retour des scientifiques est très positif. Par ailleurs, cette campagne est une belle réussite de coopération franco-américaine. »


(1) Centre National de Recherches Météorologiques (Météo-France / CNRS) – coordinateur du programme, CNES, CNRS/INSU, NSF, NCAR, Université du Wyoming, Université Purdue, Université du Colorado à Boulder, Institut Alfred Wegener, Met Office et CEPMMT.
(2) Une première campagne de lâcher de ballons (Stratéole – Vorcore) s’est déroulée en 2005, la capacité d’emport des ballons était alors d’environ 15 kg.

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