7 Août 2006

La mousson africaine sous l’œil des ballons

Cet été, 3 campagnes de lâchers de ballons stratosphériques se déroulent en Afrique de l’Ouest.

Leur objectif ? Etudier les mécanismes de la mousson africaine.
Les données fournies par ces ballons s’intègrent à la mission internationale Amma* dédiée à l’analyse du phénomène de la mousson.
Un voyage de presse, organisé en juillet au Bénin et au Niger, a permis à une douzaine de journalistes européens et africains de se rendre compte de la nécessité d’une surveillance de la mousson.

Amma : une mission pour l’étude de la mousson

L’Afrique de l’Ouest est un parfait exemple du phénomène de mousson. En effet, loin d’être uniquement localisée sur la péninsule indienne, elle existe en différents points du globe.

A partir du mois de juin, des vents chargés d’humidité se déplacent du golfe de Guinée vers le continent africain où ils provoquent d’importantes précipitations, dites lignes de grain.
Ce sont les seules pluies que connaît le Sahel, dont dépendent exclusivement les ressources en eau.
Mais le phénomène ne se reproduit pas à l’identique d’une année sur l’autre.

Le Sahel est sujet à des variations annuelles qui rendent d’autant plus difficile la mise en place de stratégies agricoles.
Et à long terme, on observe de fortes évolutions de la pluviométrie. Depuis les années 1960, le Sahel a en effet connu une diminution de pluviométrie de près de 40%. Il y a donc de réelles attentes des populations face à la raréfaction des pluies.

La mission internationale Amma présentée lors de ce voyage de presse, analyse les phénomènes de variabilité interannuelle et interdécénale de la mousson africaine de l’Ouest.
Son objectif est d’améliorer les prévisions météorologiques et la modélisation du climat.

Lancé sur une initiative française, Amma réunit une large communauté scientifique internationale.

Instruments au sol, avions, bateaux, satellites, ballons stratosphériques, tous les moyens de collecte de données sont mobilisés pour permettre une analyse complète du phénomène.

C’est ce que sont venus découvrir une douzaine de journalistes européens et africains début juillet.

Les campagnes ballons

Le CNES contribue à la mission Amma avec 3 campagnes de lâchers de ballons stratosphériques, menées au Bénin et au Niger, dont la 1ère a été suivie par les journalistes. Tous ont pu constater qu’ils effectuent des relevés essentiels dans la basse atmosphère.
Ces ballons fournissent ainsi des données sur la météorologie de la région (température, pression, taux d’humidité, vitesse et direction des vents) ainsi que des informations relatives à la mousson, sa formation, son évolution et sa trajectoire.
3 campagnes de lâchers se déroulent successivement cet été pour étudier 3 phases de la mousson : le début du phénomène, son apogée puis son retrait.

La 1ère série de ballons a d’abord observé l’évolution du «front» de la mousson.
D’autres explorent la haute troposphère et la basse stratosphère avant que des ballons stratosphériques dérivants n’effectuent des radiosondages de toute la couche atmosphérique sur une trajectoire allant du sud du Niger à l’Atlantique.

Le discours clair de tous les scientifiques internationaux et le soutien manifeste de leurs homologues africains ont permis à chacun d’appréhender pleinement la pertinence de ces études, non seulement pour améliorer nos connaissances climatiques et nourrir des modèles de prévision, mais aussi pour apporter des outils d’aide à la décision face à des problématiques de santé, de sécurité alimentaire et de ressources en eau.


* Amma : Analyses Multidisciplinaires de la Mousson Africaine de l’Ouest

Voir aussi

Publié dans :